L’ enfant de personne

 

    

L’enfant de personne ~ de Mathéo Freppaz

                      Je vous offre en partage ce poème que j’ai trouvé sur le net et que je trouve touchant de vérité

L’enfant de personne


Dis-moi, petit : quel est ton nom ?

T’appelles-tu : Jean ou Jacques ?

T’appelles-tu : Pierre ou Marc ?

Dis-moi, petit : quel est ton nom ?


Toi, l’enfant de personne

Que les autres abandonnent

Petit être sans passé

Au pauvre cœur blessé

N’as-tu pas le souvenir

D’un soupir, d’un sourire ?

Et te rappelles-tu d’une femme

Aux seins nus

Qui te tendait les bras

Qui te bordait tes draps ?


Je vois : tu ne sais plus

Et tu n’as jamais su

Toi, l’enfant de personne

Que les autres abandonnent


Tu dessines ta mère

Souvenir éphémère

Sur les vitres embuées

Les paupières fermées


Tu n’as pas de mémoire

Dans ta tête c’est le noir

Tu as six ans ou plus

Tu as dix ans ou moins

Tu es blond ou châtain

Mais tu ne chantes plus


Dans cet orphelinat

Les murs plus vieux que toi

Ont vu souvent couler

Trop de larmes salées


Dis-moi, petit: comment était ta mère ?

Etait- elle blonde et fière

Avait-elle vingt ans

Croyait- elle au printemps

Etait- elle brune et douce

Et sa peau de satin


Sentait-elle la mousse

La rosée du matin ?


Dis-moi, petit, dis-moi, petit

Espères-tu enfin

Accroché à tes grilles

Voir venir au loin

Une femme gentille

Qui te prendra la main

Sans rien te demander

Seulement si tu as faim

Et si tu veux goûter ?


Toi, l’enfant sage

Plus sage que l’image

Les larmes sur ton visage

Ne sont pas des mirages

Tu as le cœur trop lourd

Tu as besoin d’amour

Mais dis-moi seulement

Si ces deux grands yeux là

Sont ceux de ta maman

Ou ceux de ton papa


Mais vraiment, je suis bête !

Bien sûr, tu ne sais pas

Comme tu venais de naître,

On t’a enfermé là !

Mais si c’était possible
Et si c’était faisable
Et si Dieu me l’accordait
J’oserai lui demander,
D’être mille fois papa,
Pour vous prendre dans mes bras,
Si j’avais des millions
et des tas de maisons,
Et si mon coeur était
plus grand que de raison,
Je vous ferais voir le monde,
De New york à Ostende,
Et l’on rirait bien fort,
De Tokio à Frankfort.

Mais je n’ai pas de maison
Assez grande pour vous

Je n’ai que ma chanson,
Qui ne parle que de vous,
Et c’est vôtre chanson à vous tous,
Rien qu’à vous petits enfants d’amour,
Dedans mon coeur toujours.

Allez petit ne pleure plus,
Ouvre grands tes beaux yeux,
Regarde à l’horizon,
Ne soit plus malheureux,
Les hirondelles s’en vont,
Un jour, un jour tu les suivras,
Mais tu n’oublieras pas,
Que dans l’ orphelinat,
T’as fait tes premiers pas..!


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2 réflexions sur “L’ enfant de personne

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