LE TEMPS DES REGRETS

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LE TEMPS DES REGRETS

Mon violon gémit dans une longue étreinte,

Pour implorer le ciel, où s’est perdu son cri

Il sillonne l’espace, et tout semble banni,

J’entends avec regret s’éloigner sa complainte.

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Ce monde  à l’apogée où le savoir trébuche,

Ne sait plus discerner le pourquoi, le comment !

Sans ignorer l’ écueil à surmonter vraiment,

Il s’applique impavide à détourner l’embûche.

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Le progrès galopant va peut-être nous nuire,

Il est des jours lointains que l’on regrettera,

Quand tout semblait si pur mais, rien n’effacera

Ces jours qui s’écoulaient, heureux, sans rien détruire.

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Devrons nous dire adieux à ces clartés d’antan

Qui étaient dans nos coeurs la douceur sacro-sainte ?

Et mon violon pleure arrachant sans contrainte,

Mes larmes au parfum de myrrhe et d’ oliban.

Claudem

LE VENT

 
LES CAPRICES DU VENT
 
En gémissant, le vent a fait chanter la vague
qui soulève un feston mousseux et nonchalant,
Son souffle est enchanteur et son écho divague
Sur la mer opaline où glisse un grand chaland.
 
Je ne vois pas le vent,  je n’entends que sa plainte,
Il fait vivre l’inerte et fait pencher les fleurs,
Il semble caresser la rose et l’herbe sainte,
Les pampres rouge et or aux matins enchanteurs.
 
Sa rumeur est légère et mon âme jubile,
Il est comme un ami comme un doux compagnon
Qui sait bercer mon  coeur, et son pouvoir gracile
Vient fredonner l’aubade aux couleurs d’horizon.
 
Quand a pâli le jour  -ébouriffant la branche-
La fleur du tamaris vient taquiner l’azur,
Dans  un  frou-frou soyeux s’envole et se déhanche
Le vent dans son  linceul, l’emporte en sa masure.
 
Et placide, il revêt -sans ruse et sans ambages-
La force et la douceur, la magie est son jeu.
Ma vie est enchaînée à ses pouvoirs peu sages,
Du sublime rivage à l’horizon de feu.
 
Qui donc peut maîtriser ce vent que rien n’arrête,
Et qui peut l’apaiser ? Le vent n’a pas de loi !
Il va par insouciance oublier qu’il s’apprête
A créer le désordre, Ô  vent  ! dis moi pourquoi ?
 
Toi qui me fais rêver, qui me déçois parfois,
Colère ou bien douceur, j’ai tant  besoin de toi.
 
CLAUDEM